Après une quinzaine d’années comme journaliste et rédacteur en chef (hebdo, mensuel, quotidien, radio), auteur de plusieurs ouvrages économiques, Philippe Heymann s'investit 20 ans dans la création et le développement d’agences corporates et institutionnelles (Communica International puis Hintzy Heymann & Associés).
Il est aujourd’hui consultant en management de la communication auprès des institutions publiques.
- M. Heymann, après 15 ans de journalisme, vous avez exercé de nombreuses responsabilités au sein d'agences de communication corporate et institutionnelle. Quelles sont vos expériences les plus marquantes ?
Dans le corporate et l’institutionnel, chaque dossier est en lui-même passionnant et… nouveau !
J’en retiendrai deux qui, en leur temps, furent “novateurs” :
- la privatisation de Saint-Gobain en 1983 : c’était la première privatisation et Publicis en l’occurrence n’avait à l’époque aucune équipe “corporate”; ma toute petite agence s’est donc vue confier tous les outils à contenu et surtout toute la communication interne. Nous avons ainsi mis au point les méthodes de “démultiplication” qui ont depuis été largement perfectionnées,
- le passage à la numérotation à dix chiffres pour France Télécom dans tous ses aspects : publicité, RP, B to B, international, com. interne, événements, crise etc. la façon d’aborder ce profond changement de réflexe quotidien a beaucoup inspiré ensuite ceux qui ont travaillé sur le passage à l’euro.
- De nouveaux défis marquent nos métiers, tant dans les outils à notre disposition (internet et réseaux sociaux, omniprésence de l'image) que dans les thèmes (développement durable, RSE...). Quelles sont pour vous les évolutions qui vous paraissent essentielles, celles qui vous paraissent accessoires ?
Le plus important sur le fond, c’est à mes yeux le profond changement lentement en cours sur le rôle et la place de l’entreprise dans la société.
Les concepts de développement durable, RSE etc seront de moins en moins de simples concepts de communication ; ils vont devenir des concepts au cœur de toute entreprise qui voudra continuer à se développer et réussir. Et puis, il y a un défi majeur, dans toutes les organisations d’une certaine taille,
dans le domaine qu’on appelait la communication interne mais qui prend une dimension humaine et stratégique infiniment plus forte. Il ne s’agit plus seulement de mettre en place de bons outils mais de revoir fondamentalement les modes de relations entre les personnes.
- Craignez-vous, avec la multiplication des besoins en compétences techniques autour de la communication une "paupérisation" de notre métier ?
Pas du tout ! Au contraire ! On aura besoin certes de plus en plus de compétences techniques. Mais, simultanément, la communication va jouer un rôle de plus en plus stratégique dans toute conduite du changement. Or le changement va encore plus être partout !
- Dans vos expériences de conseil et d'accompagnement les plus récents, quelle erreur ou omission vous paraît la plus récurrente chez vos commanditaires ?
Le manque absolu de réfléxion sur l’extraordinaire besoin de considération dont toute personne a besoin à l’intérieur comme à l’extérieur d’une organisation. Le “printemps arabe” actuel est symptômatique ; il aura ses conséquences chez nous aussi même si je ne sais pas quelle forme cela prendra !
- Enfin, quels conseils essentiels donneriez-vous à de jeunes professionnels de la communication ?!
Sachez écouter et regarder et… n’arrêtez jamais de le faire !
_Vous pouvez retrouver quelques commentaires de l'actualité de la communication par Philippe Heymann sur son blog :
http://philippeheymann.typepad.fr_
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